Sociabilité d’ascenseur et ascenseur social

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Dans un ascenseur les rapports sont rapprochés et courts. C’est le premier lieu où la plupart des natifs de zones urbaines y côtoient leurs semblables. C’est là pour eux que se développent leurs premières acrobaties de sociabilisation et d’assimilation à l’environnement social. La sociabilisation d’ascenseur est une situation particulière d’échange qui éclaire certains rapports sociaux quotidiens.

Kevin est un fake qui fait du fake. Une petite fake-observation permettrait de recueillir quelques précieuses informations. Laissons le fake-faire. Que dit-il ?

« La promiscuité d’ascenseur a du bon lorsqu’il s’agit de se rendre inexistant, de rendre l’autre inexistant ; elle a du bon lorsqu’il s’agit d’apprendre à jouer la gêne, de signifier à un intrus d’être encore plus fantomatique parce que sa présence est déjà de trop ; elle a du bon lorsque l’on désire passer maître dans cet art du trompe personne qui consiste à combler le vide avec sa langue ; en somme elle a du bon pour maintenir et développer l’asociabilité des individus.

Dans le meilleur des cas se tiennent de brèves averses de banalités le plus souvent abrégées par l’immobilisation de la cabine à l’étage attendu, remarques oubliées une fois prononcées à l’exception du cas où elles nourrissent les animosités. Les discussions de fond de court s’entremêlent aux foudres de voisinages et aux grossières marques d’un égoïsme sans gêne. Par habitude, on se transforme vite en un professionnel de la météo, qu’elle soit climatique, sociale, politique, riveraine etc.

Dans le pire des cas les choses sont bien plus simples : on s’ignore royalement. Efficacité et concision de l’indifférence.

Penser que les personnes se connaissent, se côtoient, se lient par le même fait qu’elles logent sur un même lieu est impossible.

Cette promiscuité d’ascenseur est le parfait révélateur de l’anéantissement de toute profondeur d’esprit et le parfait moyen de l’anéantissement de toute profondeur d’égard des personnes entre elles. »

Bon, merci le fake. Débriefing avec le docteur K. Cloquard.

La sociabilité d’ascenseur, trois formes de rapports

En pratique, ces contacts sociaux se réduisent à trois formes de rapports:

  1. L’échange sur des sujets d’intérêt partagés
  2. La conjuration de la promiscuité
  3. L’indifférence signifiée

Trois formes (ou registres)  qui répondent à deux logiques fondamentales :

  • L’investissement des parties prenantes dans l’échange,
  • L’augmentation ou de réduction de la proximité entre acteurs.

L’échange sur des sujets d’intérêt partagés

Investissement personnel fort des parties prenantes / logique d’augmentation de la proximité des acteurs.

Les parties prenantes sont acteurs de l’échange dont la durée excède fréquemment le temps de la course de l’ascenseur.  Les informations partagées s’agrègent et en émergent des thématiques potentiellement objets de futures discussions. Les acteurs s’impliquent – avec plus ou moins d’intensité – sur ces sujets auxquels ils sont sensibles. Ils construisent une relation spécifique dans  laquelle des pratiques de négociation et/ou de mise en avant d’intérêts personnels s’inscrivent.
Le risque d’asymétrie d’information entre les différents acteurs ainsi que le risque d’asymétrie de d’engagement dans le développement de la relation sont élevés.

La conjuration de la promiscuité

Investissement personnel faible des parties prenantes / logique d’augmentation de la proximité des acteurs.

Le contact est imposé le temps de la course, l’objectif des parties prenantes est d’établir une jonction sur la durée du trajet, pas plus. Les acteurs abordent des sujets formels, banaux ou triviaux. Le mode d’opération est transposable d’une situation à une autre, c’est-à-dire qu’on peut adopter la même attitude et reproduire les mêmes routines dans un autre contexte.

L’indifférence signifiée

Investissement personnel faible des parties prenantes / logique de réduction de la proximité des acteurs.

La communication est codée et restreinte au strict minimum. La discussion orale se réduit à la simple politesse, parfois elle est inexistante. Les mimiques corporelles traduisent l’attitude de retrait des parties prenantes. Si leur interprétation est difficile, l’attitude est rédhibitoire et aucune conversation ne s’engage sans investissement fort d’un des acteurs pour embrayer sur un registre supérieur.

Asymétrie et confinement des registres

Plusieurs facteurs conditionnent l’échange :

  • Dans la « conjuration de la promiscuité » le cadre est défini par un scheme répété à chaque interaction. Le mode d’échange est mécanique, il y a peu de spontanéité. Ex. « Bonjour / Au revoir / (Connasse) »
  • Dans l’échange « de partage d’intérêts » une dynamique s’enclenche, le périmètre des sujets abordables s’étend à mesure qu’aucun fait significatif ne fige ou fixe les lignes de discussion. Les échanges se cristallisent autour de nœuds thématiques qui sont des repères autour desquels sont générées les discussions : impôts locaux, famille, sport, mariage pour tous, astuces sociales, coucheries, euromillions, people, travaux dans le voisinage, allocations chômage etc.
  • A ce stade l’étape suivante, c’est-à-dire sortir de la converse d’ascenseur, est envisageable. En revanche, les mésinterprétations occasionnent dans le pire des cas une rupture de la ligne de discussion dont les effets délétères sont à mesure des investissements développés.

En pratique, la sociabilisation ordinaire confine des acteurs dans un cadre selon les individus qui prennent part l’échange. Chaque combinaison d’acteurs est spécifique et constitue un cadre particulier.
Dans les trois formes les « interacteurs » (ouai, pas trouvé d’autre terme pour désigner les boulets qui se rencontrent dans un ascenseur) s’activent pour mettre en place un régime de stabilité de leur conversations. L’établissement d’un régime de stabilité entraîne trois conséquences :

D’une part, les registres sont exclusifs mais sélectionnables : à instant donné, l’action d’une partie prenante ne peut s’inscrire que dans le cadre d’un unique registre, mais chaque acteur est en capacité de moduler à tout instant la conduite de l’échange, c’est-à-dire qu’il a la possibilité d’embrayer sur un registre différent et de ré-orienter sa conduite si un fait significatif provoque une modification du contexte d’échange ou une modification du sens qu’il accordait à la relation.
Ce changement marque une discontinuité dans les rapports qui prive l’acteur – ou les acteurs – « récepteur(s) » de ses repères ordinaires. La re-régulation de la relation qui s’opère a pour objet de réduire l’incertitude et de revenir à un régime d’échange stabilisé par des conventions via lesquelles les acteurs adaptent leur conduite de/dans l’échange.

D’autre part le régime de stabilité est plus difficile à maintenir dans l’échange « intéressant » que dans « l’indifférence signifiée« .

Troisième chose : l’environnement physique est stable – puisqu’il s’agit de la même cage d’ascenseur…- c’est l’intromission d’un ou plusieurs nouvel/nouveaux individu(s) dans l’échange qui modifie l’équilibre de la situation et qui influe sur la forme de la conversation : dans le cas positif, le registre monte d’un cran et exclut un des interlocuteurs initiaux, dans le cas neutre le registre reste le même, dans le cas négatif la conversation passe sur un registre inférieur.

Un ascenseur sociable à défaut d’un ascenseur social 
Les interactions révèlent l’agilité sociable des individus et leur souplesse sociale, c’est-à-dire leur capacité de décryptage de la situation, leur capacité d’adaptation et d’assimilation des codes relatifs à l’environnement – et aux parties prenantes – , ainsi que leur capacité d’évolution dans les 3 registres d’échange.

Les trois formes d’interactions sont indépendantes de l’environnement social. Elles sont valides quelques soit la strate de la société où se déroule l’action. Un minimum d’aisance aidée par l’éducation favorise la sociabilité d’ascenseur. C’est-à-dire qu’un jeune de la France-d’en-bas suffisamment habile est en capacité de s’insérer dans un environnement de la France d’un-peu-plus-haut pour autant qu’il élève sont registre de langage et qu’il se conforme aux codes – et expose symboles – sociaux adéquats.

Malheureusement la France c’est pas le monde des bisounours. D’une part y’a plus trop moyen de pécho des symboles sociaux hype… et d’autre part  même la RATP utilise ses espaces publicitaires pour éduquer les franciliens à l’usage des transports en communs. A quand le « guide d’utilisation de la cage d’escalier » publié par l’Office HLM de la ville de Paris ?

Conclusion : L’ascenseur social est bloqué au sous-sol, l’ascenseur sociable est concevable abstraitement mais n’existe pas, donc ce que raconte ce billet est bien pourri. CQFD.

* Un regard C.O.N d’une fausse étude par Kevin Cloquard – aidé de son fake -.

Analyse amoureuse

De longues années d’observation, une petite analyse, et voici un florilège des comportements de prétendants amoureux. Etude effectuée sur un échantillon d’une population de genre masculin ayant entre 18 et 30 ans.
Eléments d’information et commentaires pourris par Kevin Cloquard*

Cas de la bête n°1 – la plus banale, parce que le mec est con sans être  C.O.N
« Les simples plaisirs que la vie me tend je les cueilles simplement. C’est ma devise personnelle depuis tout petit. C’est ma tendre grand-mère qui m’a tout appris.
Horace n’avait pas tort. Ulysse non plus : les grands espaces, les horizons lointains, les nouvelles cultures, aller, partir, une envie, une folie, un coup de tête, rencontrer, m’enrichir des richesses des autres et de leurs expériences : c’est la vie que je mène, aussi simplement.
J’ai des opinions et j’en suis fier, mais je suis tolérant et j’attends la même chose de toi.
Fêtard quand il le faut, on ne s’ennuie jamais avec moi, on dit que je ne me déplace jamais sans mon humour. Il m’est très collant. Dans le cadre de la relation il faut laisser faire les choses, le feeling, l’attraction entre deux personnes ne s’explique pas et je n’ai pas de préférences. L’attraction se vit, elle se sent, elle se ressent, elle se partage, ce sentiment je veux le connaître, il donne des ailes. Envolons-nous»

Commentaire  du Cloquard : Mon pauvre enfant, t’es un déraciné. Remets de l’ordre dans ta tête, tu verras un jour tu comprendras un truc.

Cas de la bête n°2 – la plus courageuse, parce que le mec en veut toujours.
« J’veux une meuf soft parce que STOP Ras-le-bol! je n’ai plus l’intention de supporter tes crises quand tu te seras rendue compte du néant de ce que tu fais, de ce que tu es ; à courir derrière des mots, à courir après des trucs que seule ton imagination aura rendus réels, à courir derrière tes envies, ton désir de sensualité, ta volupté du cul, autant de d’attitudes qui font souffrir ; et si c’est par erreur que tu t’aventures avec moi, je t’invite diligemment à aller pécho un crapahuteur qui aligne, sans les comprendre, les phonèmes comme l’on composerait les nuages avec une succession de sons dessinés, il te fera rêver autant de temps que la sottise de tes yeux le voudra ; et ÔÔÔ grande chance pour wat, la société en regorge ».

Commentaire du Cloquard : Ok. Relax, les femmes sont kewls, donc rentre chez ta mère baise ton ordi mais laisse les tranquille.

Cas de la bête n°3 – la plus répandue, parce que la scolarisation du mec a fait des ravages
« Kikoo 21 ans assez grand baraque brun intelligent, j’laisse pousser la barbe trop relou sinon et on m’a dit que ça me donnait trop du charme^^. A la rentrée j’ai mon appart. J’aime la musique, la muscu (depuis 3 ans j’en pratique) ma bande de potes pour m’amuser et sortir pour des soirées en délire. En effet avec le cinéma la musique c’est ma passion, je joue de la guitare et du piano c’est sympa l’été sur la plage. Je suis attentionné délicat mature et pas prise de tête. Si t’es intéressée pour un CDI et blonde et cool bah répond 😉 »

Commentaire du Cloquard : Ok. Toi, t’es mon frère Jason. Jason Cloquard. Un protéinomane qui n’arrive pas à lire son prénom.

Cas de la bête n°4 – la plus efficace, parce que le mec est vide
«  Clqrd, la trentaine bien posée, pro-actif mais simple, positif, sportif, fêtard, dynamique, self-confident, diplômé en finance j’ai fondé il y a 2 ans ma boîte dans le conseil. Ca tourne bien, mais pour que ma vie soit parfaite il te manque toi !
Je recherche d’une femme douce, tendry-chic, épicée et charmante qui me ravira pour une construire une relation sincère dans l’harmonie.
Un brin de folie ? Vite ! Partageons un verre en toute simplicité …
PS : possibilité de PC et SxFrd »

Réponse du Cloquard : Si j’avais été un sans-organes qui cherche une femme-fonctionnelle de 10 ans sa cadette, à savoir le seul profil susceptible d’accepter que son utérus porte un fils, c’est ce que je dirais pour pécho.

Cas de la bête n°5 – la plus creepy, parce que…
« Si j’étais moi, je te dirais que je suis cynique. Mais pas autant que ça : je ne suis pas les autres, je ne suis pas la plupart. 
Indéfinissable mais représentable, évanescente mais pas insignifiante; je forme chacune de tes idées, je suis dans toutes tes pensées. Je frappe tes sens, j’habite tes réminiscences. Je suis tout ce que tu imagines, tout ce que tu veux que je sois. Je suis tout ce que je veux te faire croire…
Je suis une image.
Hey what did you expect ? »

Commentaire du Cloquard : ah, parce que… ça c’est moi.

Un regard C.O.N par Kevin Cloquard – ou par son fake-.

*Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne peut pas être que fortuite.

Cadres de mauvais goût

Vu dans un dictionnaire du mauvais goût :

Catégorie : redonner du sens à la vie
Définition n°1285
« Effet Pâques » : D’un point de vue journalistique : accident de voiture à la sortie d’une boîte de nuit impliquant des jeunes. D’un point de vue socio-dynamique : partager l’éclate entre friends.

Catégorie : redonner du sens à l’éducation politique
Définition n°9986
« Prof’ de gauche » : Baise avec ses élèves à l’instar de son homologue de droite. Mais les note sur un pied d’égalité.

Catégorie : redonner du sens au néant
Définition n°7287
« Femme » :

Catégorie : redonner du sens à la plénitude de l’âge
Définition n°16288
« Vieux » : Electeur non créatif usager des caisses de retraites. Trois catégories principales de vieux se distinguent dans la France de 2019 :
Les vieux dits « du parti gris » : influents et organisés leur implication dans les activités collectives, sociales et politiques est importante.
Les vieux dits « nomado-actifs » : Mobiles, le niveau de leurs rentes n’étant pas suffisant pour maintenir leur niveau de vie, ils associent activités rétribuées avec activités personnelles diverses – sociales, culturelles, bénévoles etc.
La troisième catégorie est appelée catégorie du « RiR » de par l’activité principale de la population qu’elle représente : la Récupération informelle de Résidus ménagers. Cette dernière catégorie représente 77% de l’ensemble de la population des vieux.

Vu dans un manuel pratique de mauvais goût :
Leçon utile n°1 : Faire preuve de détachement moral dans le cadre d’une gestion de relations humaines complexe.

Situation d’action :
« …alors il hurle à en crever, à s’en éclater les viscères, il explose à la face de tous ; et les autres restent las, comme hébétés devant la candeur de ce cri du cœur que leur subtilité ne peut comprendre ; et il court, et il court, et il court toujours plus vite ; il court à ne plus sentir ces jambes qui l’ont portées et qui encore l’emmènent loin de là où il est, jusqu’à ce que la crispation et les halètements l’emportent sur sa rage maintenant dissipée ; et il met la musique à s’en crever les tympans, il s’agite à s’arracher ces membres qui l’ont toujours trahi et qui toujours manqueront de cette aisance que sa volonté désirât qu’ils aient ; puis il se met à écrire pour emprisonner l’instant marquant qui jamais plus ne revêtira la même forme que celle dont il s’est paré, estompé par le temps, lacéré par cette imagination incapable de retranscrire ces sensations que d’autres exaltations, similaires, viendront peut-être compléter… »

C’est à sa femme qu’il écrit, c’est à ses jumelles qu’il pense, c’est pour ses subordonnés qu’il souffre. Mais s’en était trop…
Sa vie ? Une traite aux interminables mensualités et un journal intime tenu depuis l’âge de ses 9 ans.

Applicatif de gestion concret :
« En tant que DRH du groupe je tiens tout d’abord à témoigner au nom de chacun de nous. Cet évènement est une tragédie qui suscite une vive émotion dans l’ensemble de notre organisation. 28 ans, c’est tôt. Trop tôt pour partir.
Nous perdons aujourd’hui un de nos éléments les plus prometteurs. Ses états de services sont formels : mobile, pro-actif, efficace dans son travail, respectueux des normes, consciencieux dans l’accomplissement de ses tâches, il était appelé à prendre des responsabilités encore plus importantes.
Rien ne laissait présager ce drame qui représente pour nous une perte au coût inestimable. Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances qui ont conduit à ce geste, et que les responsabilités avérées, s’il en est, soient sanctionnées.
Maintenant, en tant qu’homme, en tant que collègue,  je me dois de rester ferme. Je dois poursuivre avec détermination la mission que nous partagions lui et moi. La réorientation de notre groupe est indispensable pour la préservation de nos emplois.
Nous parviendrons à la mener à bien, mais toujours avec le constant soucis du bien-être de nos personnels. Pour sa mémoire. »

Un regard C.O.N, par Kevin Cloquard – ou par son fake -.

Encore une astuce pour l’astucieux.


L’appareillage statistique français est une référence en la matière. L’INSEE n’est pas étrangère à ce succès, il y a toujours de bonnes informations à trouver pour qui se donne le temps de chercher.

Une de ses dernières études parue en Mars 2013 « Les entreprises indépendantes d’un groupe : un renouvellement continu et important » renferme des informations intéressantes. Un des résultats de cette étude l’est plus particulièrement. Il lie durée de vie d’une entreprise indépendante et sa productivité comparée à celle des entreprises de son secteur.
En synthèse une entreprise indépendante n’est -statistiquement- pas pérenne si sa productivité dans les trois années qui suivent celle de sa création est inférieure à grosso modo 70% de la productivité médiane des entreprises de son secteur. Pour être précis, 68% après deux 2 années d’activité est le seuil en dessous duquel une entreprise a de grandes chances de cesser toute activité durant sa troisième année d’existence.

Evolution de la productivité des entreprises indépendantes et de leur durée de vie (période 1995-2009). Insee Mars 2013

Le résultat est remarquable pour l’astucieux paresseux qui souhaite calibrer sa petite affaire. Rêvons un peu. Imaginons une forme que puissent prendre certaines pratiques. Imaginons que cet astucieux connaisse le seuil médian de productivité du secteur dans lequel il compterait créer son entreprise. La donnée n’est pas hors d’atteinte. Imaginons qu’il connaisse le potentiel de son activité sur 1 voire 2 années. Imaginons encore que cette réalisation ne lui demande que 2 ou 3 mois de travail temps plein /an, réseau(x) aidant. Imaginons toujours que, comme souvent les astucieux, il connaisse toutes les choses des avantages fiscaux et manie avec dextérité rouages de l’administration. Comme il sait calculer et que le calcul est vite fait : l’intérêt est là. Tout bénéfs : pas d’impôts, pas de patron, du travail pas trop relou, toujours dans les clous, et surtout – c’est là toute l’intérêt de cette information – une condition structurelle de cessation d’activité, rien de mieux pour arguer la bonne foi en toute transparence. Pourquoi n’envisagerait-il pas de créer sa petite boutique dimensionnée pour claquer dans les 2 ans ni vu ni connu? Qui a posé comme immuable le principe du business pérenne ?
Deux interprétations possibles à ce résultat :

  • Cet astucieux a raison. Ce qui manque ce n’est pas du travail, ce n’est pas l’emploi des autres, de la formation aux métiers, des aides à n’en plus que faire… C’est du culot, du réseau et un chouïa de cet ingrédient si indispensable pour que Wall-Street tienne : la confiance.
  • Les opportunistes sont de la vermine. Sincérité maquillée, nouvelle forme de dumping fiscal : il faut matraquer fiscalement Camarade !

Rangez-vous d’un côté ou de l’autre. Vous êtes libres.

* Un regard C.O.N par Kevin Cloquard – ou par son fake -.

source :
http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1438/ip1438.pdf