Systèmes tribaux rigolos.

#PoufGeneration

Kevin a travaillé. Il a bossé. Il a sué. Il a cogité. Il a occis des synapses. Rien que pour vous casser les vôtres.

Kevin s’est socialisé pour vous sortir un petit billet de derrière les fagots. Il est allé au contact d’une population très spécifique : les communautés autologiques, qui ont la particularité d’être des communautés dont l’activité consiste à se définir elles-mêmes.

Voici leurs histoires.

Vazy Lis-ça !

Une communauté particulière constitue un espace autologique lorsque la construction de son identité répond à une logique de caractérisation subjective de ses spécificités internes. Si ça t’emmerde déjà, tu peux sauter les prochaines phrases qui ne veulent rien dire elles non plus. La communauté se définit par rapport à elle-même. Les rapports avec les objets extérieurs sont généralement minimaux.

Pour décrire à grands traits ces espaces d’échanges, il n’y existe aucun sujet d’échange pérenne dépassant l’individualité des participants. C’est-à-dire qu’il existe peu d’échange sur l’actualité, le sport, la politique, la technologie etc.

Les discussions sont centrées sur les produits d’existence des membres de la communauté et les conceptions divergentes de leur préférences identitaires. Les différences, lorsqu’elles se manifestent ou sont exprimées, produisent des frictions entre membres.

L’inexistence d’outils de modération perçus comme légitimes génère des effets pervers. Le fonctionnement de la communauté sans dispositif disciplinaire favorise la constitution d’un système tribal.

Comment caractériser la constitution et le fonctionnement et les effets de ce système dit « tribal »?

Un système tribal

Très succintement, ce système tribal – c’est-à-dire sans organisation légitimement et formellement établie – rassemble l’ensemble des participants de la #communauté. La #communauté est composée de plusieurs collectifs qui cohabitent. Les collectifs peuvent être considérés comme des regroupement d’individus aux relations stabilisées.

Un collectif particulier : le collectif dominant.

Le collectif dominant regroupe les agents les plus influents. Généralement, une figure particulière est à la tête du collectif. Les membres du collectif dominant, adoptent (collectivement) et partagent un système d’imputation de propriétés qui assignent une « valeur » aux individus.

De ce système d’imputation dérive une logique d’interprétation à charge des produits de l’existence des individus qu’ils considèrent comme étrangers à leur communauté. La qualité d' »étranger » est déterminée par le collectif dominant selon la menace perçue qu’un individu exerce sur sa légitimité/autorité. Neutraliser symboliquement les « étrangers » peut constituer un objectif.

Caractéristiques du système d’imputation du collectif dominant

 Le système :

– est communautaire parce un dispositif « de liens faibles » conditionne les relations du collectif. Les informations qui y circulent sont traitées et utilisées de manière à consolider leur assise au sein de la #communauté,

– Interprétatif parce que la constitution des informations repose sur une lecture subjective des faits, et prête arbitrairement des intentions aux individus,

– à charge parce qu’il frappe des personnes ciblées considérées comme des menaces pour leurs intérêts ou comme une entrave à leur personne – ou à une des leurs -.

Autorité et pratiques cheloues

Pour renforcer son autorité, le collectif dominant mobilise un large éventail de moyens disponibles, allant des moyens les plus formels comme l’invocation de la règle universelle de respect dû aux plus âgés, jusqu’aux moyens suscitant controverse telles le recours aux propos infamants, en passant par l’élaboration de connivences discrètes ou l’insinuation perfide.

/ Further research needed, notamment sur le système d’autorité, la nature des liens qui existent entre les membres et la communauté, le mécanisme de rétribution, et les formes de légitimités qui sont accordées.°

Une production sociale de poufs

Question opérationnalisation du truc, Kevin a vécu en direct les 72 épisodes des « L’île des vérités » (NRJ12) avec des #grossespoufs*.

Une situation favorable à l’observation de l’éclosion et du développement des facultés tribales d’une collection de #grossespoufs.

Résultats : constitution de 2 clans de poufs: les péchotables d’un côté, les moches de l’autre. Affrontements inévitables des deux tribus. Bilan : 1228 embrouilles twttr/fb/insta, 7 catfight, 5 blessées légères ; 12 portées disparues ; 19 amitiés éclatées ; 3 bagarres de mecs. Et 4 fous rires.

Et oui… 4 fous rires…de Kevin, qui se sent le devoir de promouvoir la recherche sur la #PoufGeneration. C’est tellement intéressant une pouf.

*#grossespoufs désigne les sujets observés qui ont souhaité la préservation de leur anonymat.

/Pour un fake avec toi, je ferais n’importe quoi… pour un fake / Avec toi !

Verbatim soft :

–  » Non mais t’es trop cheum pouffiasse » –  » Lâche-moi denrée » –  » Oh la bonbonne d’oméga-3, elle peut rentrer dans un bus qu’avant son assemblage » –  » Espèce de meuf #SoftGrunge ! « 

#1 : Leçon de morale vulgaire mais nécessaire

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Et puis là mon ex, cette grosse pioute que je n’ai jamais pu encadrer entre dans la salle. Donc instant de panique, sueurs froides avec le pouls qui s’accélère et tout le bazar physio ; je vais défuncter si tout de suite je ne fais pas quelque chose.

Heureusement il y’a Nicolas-le-groboloss, à portée de main. Donc je lui balance mes chips et mon verre sur la gueule en criant « HA ! HA ! c’est toi le chat maintenant ! »
Il le prend pas si bien que ça. Bon. C’est concevable.
J’use de tous mes charmes pour calmer l’ambiance.

Mais je n’en ai pas vraiment le temps, parce que là la grosse pioute vient directement vers moi pour me taper la bise. Elle a toujours l’air aussi conne dis, avec son grand sourire de potiche. Je me surprends à flipper de moi-même pour l’avoir kiffé.

Donc je lui claque la bise. Avec mon plus grand sourire bien évidemment. Ca ne mange pas de pain. La conversation s’engage. Je lui demande comment elle va. Ca mange pas de pain non plus. Surtout si elle va pas.

Mais apparemment elle va. Elle a son teint frais des jours qui chantent. Mais elle n’est pas maquée. Je la connais. Jamais elle ne mettrait de décolleté aussi bitchy si elle ne faisait pas sa chagasse, jamais elle n’aurait assorti ces escarpins là avec cette mini-jupe si elle n’était en mode accouplement.
Et puis elle aurait une bague à son petit annulaire si cela avait été le cas. Donc non, elle n’est pas maquée. Elle chasse. Ca chasse toujours les pioutes.

Et effectivement, elle me confirme qu’elle va, en me répondant sur ce ton gracieux et agréable qui la caractérise si bien et dont elle ne se départira jamais. J’admets avoir un faible pour son côté sociable. Chaloupe va.

Je remarque qu’elle porte le parfum que je lui avais offert l’année d’avant comme cadeau de rupture. Surtout ne pas lui faire remarquer qu’il ne lui va pas du tout. Oui, les cuirs ne lui conviennent pas. C’est justement ce qui avait été mon critère principal de choix lors de l’achat.

Et là, truc que toutes les ch*aloupes de son genre pratiquent, elle me pose la question « Dis, tu remarques pas quelque chose ? ». Ca c’est une bonne question de pioute, à laquelle il ne faut jamais répondre par la négative.

Donc je ne réponds pas par la négative : « Oh que si, tu es superbe, vraiment ravissante. Tu es maquée , non ? »

Vous connaissez la réponse, n’est-ce pas ?
Oui bah  moi j’ai en plus vu sa gueule se déconfire.

« Non » me répondit-elle.

Elle voulait simplement que je constate combien mon parfum lui seyait. Tout le monde autour d’elle n’en avait tari éloges. Pas étonnant : elle n’a toujours fréquenté que des arty parigots sans goût.

La conversation continua.

Embêté. J’étais embêté. Tous les signaux d’alerte « rapprochement » étaient écarlates.

Bon ça va, ça va. Elle était ultra comestible. Même habillée en pouf elle était charmante, son corps n’accusait pas le travail du temps.
Je pense que moi aussi, j’étais encore pas si mal dans ma chemise de bûcheron malgré mes 3 grammes.

Très lucidement, j’ai procédé à quelques vérifications d’usage. Vérifications faites, sa CB était toujours garnie, elle avait toujours sa citadine urbaine vachement trendy, elle possédait toujours sa propriété dans le Lubéron et gardait l’envie de m’emmener à NYC chez sa tante. Donc il fallait que je me rende à l’évidence : j’étais encore amoureux.

Bon, j’avais pas de capote. J’ai toujours vécu sans. C’était pour moi les filles qui gèraient ça. Au pire c’était sans, quelle importance ? Pourtant elle a toujours été sage et prévoyante ta mère, mais là il se trouve qu’elle en avait pas.

Tu vois fiston, j’avais pas mal aligné avant de la revoir. J’avais aligné sans précaution. C’est pour ça que tu ne connaîtras jamais ta mère que par les photos et les souvenirs qui restent d’elle. Les trithérapies qui foirent, ça peut arriver. La sienne à foiré.

Ceci est un message sponsorisé : les mecs, en latex c’est plus sex.

Un coup de fake par Kevin Cloquard*

Sentiment inhabituel d’arrogance ordinaire

Sa réponse l’avait effrayé. Un irrépressible sentiment de gêne l’envahit. Ce n’était pas le contenu de la réponse, ou le peu qu’il en avait lu, qui à cet instant était effrayant. L’opposition était frontale mais sans trace d’agressivité. Les reproches adressés lui glissaient sur la peau comme la carpe fend l’eau. Non, c’était autre chose. C’était la forme générale qu’avait revêtue la réaction de son interlocuteur qui le mettait fort mal-à-l’aise.

Ce sentiment inhabituel lui semblait contre-nature. Mais pourquoi cette réponse suscitait-elle chez lui un tel sentiment?

Il chercha. Il chercha quoi faire pour que cesse enfin le trouble qui l’agitait. Quelques secondes lui furent nécessaires. Une petite chose se différentiait de l’expression usuelle de l’inimitié à laquelle il était exposé : c’était ici une charge écrite. Si l’inimitié ronge ses contacts quotidiens, jamais il ne l’avait vécue au travers d’un échange écrit.

Ses idées restaient anormalement embrouillées. Il ne savait quoi penser, il ne savait que faire, il ne savait quoi dire. Une question parmi d’autres le taraudait davantage à mesure que le temps s’écoulait : « Comment répondre ? ». Exprimer son sentiment dans le grand jeu de la comédie humaine était une chose à laquelle il était rodé. L’exprimer par écrit en était une autre. La situation était inédite.
Il relu le propos de son rival d’un jour.
Celui-ci était loin d’être éloquent, la critique ne présentait que peu de prise de recul quoique les arguments ne fussent point dénués de justes fondements ; adresse et aisance manquaient, le rythme haché ne permettait pas une lecture reposante. Quelques confusions le heurtèrent sans qu’il ne jugeât utile de les souligner. Tout ceci martyrisait fluidité et cohérence d’ensemble.
Il pensa, cru même que jamais il n’aboutirait à une réponse qui lui plût.

Mais il est parfois des pirouettes dont seul l’esprit de l’homme a le secret, ces pirouettes qui tiennent autant du hasard que de la sagacité personnelle, ces pirouettes qui tirent d’un mauvais sort ; c’était à une de ces pirouettes qu’il liait son sort.

En un éclair, il se rendit compte qu’il avait lu le texte en diagonale. Il n’avait capté que quelques notes de l’ensemble, il ne s’était pas arrêté sur l’agencement des phrases ni n’avait été frappé par l’enchaînement des idées. Il avait saisit ce que lui évoquait la tournure générale de l’ensemble. Il avait lu le texte, il ne l’avait pas dévoré. Rien n’y incitait. Le texte ne l’avait pas absorbé. Il l’avait humé comme on hume un plat avant de l’engloutir, comme si la saveur était l’exacte réplique de l’odeur, comme s’il n’y avait d’autre consistance que celle de l’émanation. L’odeur, il la connaissait. C’était la sienne. La saveur aurait dû lui être familière. Il aurait dû vivre le texte. Mais ce n’était pas le cas. Il venait de saisir.

Rien ne retenait plus cette gêne dans laquelle eût pu germer le doute s’il n’avait réussi à trouver une réponse qui le satisfasse. Tout lui paraissait maintenant clair. Il venait de mettre le doigt sur ce qui l’avait incommodé dès la lecture des premières lignes.

Ce besoin inconscient que l’autre a de calquer, de répliquer, il le vit chaque jour. C’était là encore la même chose. C’était comme si son vis-à-vis, en tentant de le singer avait accepté son empreinte et le considérait comme modèle. C’était comme si ce vis-à-vis acceptait de dissoudre son aptitude à formuler avec finesse son sentiment à lui, sa capacité à exposer clairement ses pensées, à exprimer sa différence. En se privant d’aisance d’expression, l’autre  mutilait son individualité. Mais s’en était-il seulement rendu compte ?

Peu importait : ce n’était pas son problème. Son sentiment inhabituel de gêne venait d’expirer. Son jugement était établi. L’autre était défait, l’arrogant venait de le juger : il l’avait compris. C’était un homme incapable d’imposer son originalité et dont l’existence est enfermée dans une quête de reconnaissance perdue d’avance. Il l’avait estimé comme un de ceux qui cherchent dans les autres des signes pour se rassurer de qui ils sont. Ce n’était qu’un homme ordinaire. Un de ceux qu’il croise chaque jour. Un de ces hommes de qui il se différencie. Un de ces hommes par qui il se distingue.

L’expérience lui avait enseigné que les longs développements marquaient la complaisance au détriment de l’assurance.
Jamais il ne lui répondra.

Un regard C.O.N par Kevin Cloquard – ou par son fake -.

Le blog « prise de tête » : l’anti hypeketing

Hype_Brand

Ettt oui ! Il faut bien introduire ce blog. Lui donner une existence, une finalité. Mais comment faire ? Comment introduire un blog « prise de tête » ?
Oui ! Un blog « prise de tête » !

Mais qu’est-ce ?

Le blog « prise de tête », c’est le blog répulsif au possible. On sait qu’on s’est perdu à l’instant même où la page a été chargée. Parfois même, au moment du « clic », passe cette sensation si spéciale de déjà regretter ce qui n’a pas encore été consommé. C’est du « no surprises ».

Le blog « prise de tête » est tout un concept qui se définit par ce qu’il n’est pas mais que ses semblables sont. Positionnement hautement anti-hypeketing que vous allez comprendre grâce à cette petite analyse. Analyser c’est hype que voulez-vous…

Pour commencer une bonne analyse et arriver à l’objectif fixé qui est, je vous le rappelle, de définir ce qu’un « blog prise de tête » n’est pas mais que les autres sont, il faut lever la bête. Et pour lever la bête il faut se poser la question clef, que tout bon marketeur doit se poser lorsqu’il doit juger une nouveauté : « quels sont les cas de figure où … ? ».

Entendez ici « quels sont les cas de figure où l’on est amené à tomber sur ce type de blog ». Bah oui… analyse, on cherche, on constate, on compare, on retient ou on élimine, on merde, on chnouff toussa.
Procédons. C’est très vite fait. #2heuresPasPlus.

Le blog « Hypassionated »

Hormis le hasard d’un mauvais clic et ses aléas, il n’existe qu’un unique cas de figure où on se retrouve face à un blog « prise de tête » : les cas de situations d’urgence où la panique est totale parce qu’il y a nécessité de trouver des informations rares dans un laps de temps très court, de dégotter des données tellement poussées que l’on est contraint de fouiner dans les recoins les plus rebutants de la blogosphère au risque de rencontres effrayantes. C’est à ce prix qu’on trouve du blog « prise de tête ».

Mais tous les espoirs qui un instant étaient permis par l’irrationalité de l’angoissé, sont vains. Le blog « prise de tête » n’est absolument pas le bon levier pour se sortir d’un guet-apens.
Tenez, un exemple. Nous avons tous connu la galère d’une vieille bique prof d’histoire-géo qui réclame un devoir moisi à rendre pour le lendemain. Et bien, le blog « prise de tête » ne permet absolument pas de gérer cette crise, et même s’il handle pas mal la déperdition, il n’est d’aucun secours lorsque celle-ci est scolaire. Il est simplement bien trop intime. Pour s’extirper de cette incroyable panique où le blog « prise de tête » ne sert strictement à rien, il faut avoir du nez et tomber sur un blog de passionné, un blog de « hypassionated », le type de blog mitoyen du blog « prise de tête ».

Il faut tout de suite fixer ce qui doit l’être et prendre un petit instant pour bien distinguer le blog « prise de tête » du blog « Hypassionated ». Parce qu’il s’agit ici de ne pas esquinter ce cas du blog « hypassionated », toujours très utile dans les moments où une fine expertise est requise.

Un blog « prise de tête » n’est pas ce genre de blog haute-passion où après une farfouille miraculeuse, on tombe sur ces morceaux d’informations qui nous font hurler de joie parce qu’on sait que nulle part ailleurs il eût été possible de réaliser ce magistral tour de force qui mettra à genoux la vieille bique.

Oui, le blog « prise de tête » se fiche éperdument des sujets loufoques type « l’influence du 2ème régiment de voltigeur de Marmont sur l’issue de la Bataille d’Eylau », chose que le bon blog haute-passion traite avec l’amour le plus désintéressé du frénétique, pliant à lui seul tout le savoir de Wikipédia.

Ce n’était là qu’un exemple.

Alors oui me direz vous, s’ils sont mitoyens, c’est aussi parce que le blog haute-passion est du genre « relou ». Certes, mais loin d’être de la catégorie « prise de tête », il offre certains avantages ponctuels qui ne sont pas négligeables. Autant la vieille bique connaît par cœur Wikipédia, autant elle est trop ancestralement larguée pour aller se taper la blogosphère.

Ett ouai ! Un blog haute-passion en plus de receler d’informations indubitablement succulentes, ne va que rarement sans ses pairs. Il fait toujours partie d’une petite constellation de blogs dépersonnalisés et similaires dont il est particulièrement redevable en ce sens qu’ils se stimulent mutuellement, à la plus grande joie de la fertilisation croisée du champ thématique au sein duquel ils se positionnent.

Et oui, c’est ainsi que progresse le monde et que vivent les passions, c’est ça l’émulation, c’est ça la hype des passionnés. C’est beau, mais là aussi, dur constat pour le blog « prise de tête » : ce n’est pas un blog de passion.

Il n’est pas un blog où l’on peut se lier par affinités, il n’est pas un blog où la sociabilisation au sein d’une communauté est possible, il n’est pas un blog où une thématique dominante se dégage et où les informations que l’on acquiert sont irremplaçables. Il n’est pas un blog « hypassionated ».

Le blog « Pr’hyptique »

Alors oui, le blog « prise de tête » n’est pas un blog pratique. Ou plutôt un blog pratique n’est pas un blog « prise de tête » parce qu’à la différence d’un blog pratique on ne trouve aucun conseil ni aucune information ni rien d’immédiatement intéressant dans un blog « prise de head ».

Et oui, pas de bonnes astuces, pas de bonnes recettes oubliées du terroir berrichon, pas de tips pour une vente en ligne de bouton de manchette, pas de bon plan pour péta une réduc, rien pour soigner son bobo à l’huile de pignon charolais, rien sur les techniques d’esquive du râteau quand on les bouffe à la pelle, pas de conseil de grand mères pour refaire l’embrayage récalcitrant de sa fuego, rien pour apprendre à distinguer la hampe de l’onglet, pas de trace  de filons pour dl les nouveaux sons du moment, etc. etc.

Une variante du blog pratique, est le blog à tendances informatives, genre arts & cultures, cinéma, musées, sorties sur Paname « Le 22, pète-la toi hard au duplex » et tutti quanti…

Là non plus, le blog « prise de tête » ne fait pas partie de cet environnement de blogs qui participent concrètement au gigantesque puzzle de la blogosphère en délivrant des informations utiles, présentées de manière simple.

Non, le blog prise de tête n’est pas de la catégorie « Pr’hyptique »** parce qu’il n’est pas « pratique », il ne rend pas de service aux visiteurs. On ne dit pas après l’avoir consulté «  Oh putin c’est soir le 22, on s’la colle ! »

Le blog « my hypfe’is » et ses variantes

Inutile de chercher le rutilant du blog « my hypfe’is » dans le blog « prise de tête ». Les mises en avant de talents personnels, qu’ils aient été acquis par l’expérience ou qu’ils soient simplement le développement d’une faculté innée trouvant un moyen de floraison, ne sont pas à ranger dans la catégorie des blogs « prise de tête » mais dans la catégorie « my hypfe’is ».

Ce n’est pas peu dire, mais le blog « prise de tête » n’est vraiment pas l’endroit où vous trouverez les dernières tendances de la ligne automne hiver the kooples abondamment commentées avec une déliciosité toute de goût revêtue, fruit d’une sagacité personnelle choyée, gâtée par la vie. C’est là le cas du blog « my hypfe’is ». Comprenez « I’m my hype I’m my life, my life is just a hype ! » ; très féminin. Ce type de blog favorisant l’expressivité personnelle traîne toujours une cohorte de suiveurs ou de suiveuses quand il fait mouche. Ce n’est pas le cas du blog « prise de tête ».

Cas particuliers de ces blogs « my hypfe’is », la version coaching est hyper tendance ces derniers temps. Bah oui c’est très hype le coaching, voyez ?!

Bah ouai. Dans le blog « prise de tête » il n’y a pas de trace de « avec moi ça soutire en kilotonnes » où les bloggeurs(euses) se positionnent en figure prescriptrice et experte en coaching.

Pour ces blogs ça fait légitimement bien d’accumuler un capital marque dès qu’une presta est réalisée aussi infime soit elle. Mais plus ça fait bien plus ça signifie que leur business est insignifiant.

Réfléchis. Pour construire ta légitimité plus t’affiches sur ton site que t’es content de travailler avec EDF plus t’es riquiqui. C’est de la légitimité d’emprunt : t’affiches que t’es crédible parce qu’EDF t’as choisi comme des milliers d’autres prestataires pour fournir une broutille qui rentre dans leur poste comptable « Dépenses sociales / pour faire travailler les glands du tissus-économique d’en bas« .

C’est pareil pour les bloggers coaching qui ne travaillent pas pour les grosses boîtes. Plus ils affichent avoir réussi à faire que Boloss 32 ans chez sa mère embrasse (sur la bouche) sa première nana heureuse propriétaire d’un loft de 12m2 dans la maison  de vieux du coin, plus ce sont des experts.

Continuons d’écumer. Le blog « prise de tête » n’est pas non plus un blog de frasques perso. Car le blog de frasques perso est un blog « my hypfe’is » où l’on se délecte des turpitudes et autres aléas d’une vie comptée avec brio. Pour ces blog, il traîne aussi dans leurs sillages une petite cohorte de likers.

Cohorte, backers, valo et fine fleur du blogging

Abrégeons un poil. Imagineriez-vous un « prise de tête » inclu dans l’univers des « pr’hyptique » ou des « my hypfe’is » ?

C’est juste tout bonnement impossible.

Le blog « prise de tête » n’est pas un blog « my hypfe’is ». Le principe d’un blog « my hypfe’is » est d’exposer une individualité qui se positionne comme une figure dans un univers spécifique. La valo passe par le nombre et le nombre est marqué par les backers ou par la cohorte. La reconnaissance est fonction de la cohorte, l’appartenance fonction des backers.

C’est quelque peu différent pour le blog « pr’hyptique » où là logique n’est pas celle de l’exposition d’une individualité mais la présentation organisée de produit(s) utiles.  Le nombre de backers (ou le backing up) marque la pertinence d’usage.

Backers et Cohortes. Deux métriques quantifiant l’insertion d’un blog dans son champ. Dans les deux cas c’est la quantité qui prime. La cohorte marque la reconnaissance d’une figure « train setteuse » prescriptrice et de son style, le backing up (ou le backer) est un signal de confirmation de l’appartenance à un champ et une validation de la pertinence des contenus.

C’est toute la différence entre suivre un blog « Cyril Lignac » et un blog «  Vieilles recettes de Tati X » qui traitent pourtant de la même chose à savoir comment faire une bonne grosse baffre.

Bref, On sait bien que la quantité n’accompagne que rarement un « prise de tête ». Il n’entraine donc jamais de backers ou de cohorte avec lui, où sinon pour juste pour la moquerie. Le blog « prise de tête » n’est pas une vitrine personnelle inscrite dans un champ social ; c’est bien autre chose.

Il n’est pas un blog « myhypfe’is » et est à des années lumières de l’être, parce que le « myhypfe’is », c’est vraiment le petit lait de l’hypeblogging, c’est ce vers quoi tend tout bloggeur qui se respecte.

Le blog « d’Hypinion »

Mais il reste encore une catégorie de blog qui se rattache à ces vitrines personnelles, chère aux mauvaises langues avides de décimer le rang des intellos. Il s’agit du blog d’opinion.

Première indication, le blog « prise de tête » n’est pas un blog d’opinion. Oui, c’est hype d’avoir une opinion et généralement on est très dans « la tonalité » rien qu’en en émettant une. Bah oui, c’est très hype d’être dans le ton, voyez ? Un blog d’opinion est un blog intellectuel d’intellectuels socialement positionné . Outch.

Il traite, selon une approche propre à son papa bloggeur et selon ses choix, des grandes problématiques actuelles pour autant qu’elles touchent la société, la politique, la finance, l’économie, le sport, l’environnement, l’éthique, le nucléaire, ITech et j’en passe.

Souvent l’actualité y a une grande importance, Hypeeness*** oblige. Le ton y est bien plus formel, plus distant que dans un blog « my’hypfe ».

Un blog d’opinion, c’est le vaisseau amiral de la prise de position, de l’engagement, de l’implication dans le monde actuel, ultime preuve du partage, de la solidarité avec les autres que l’on aime sur le papier et avec qui l’on se frite pour un oui ou pour un non. C’est tout à fait qui différent du « my’hypfe » où les autres sont surtout des « +1 ; lach’takkom ».

Echanges d’opinions sur l’actualité brûlante, grandes envolées sur les sujets incontournables de notre société, grandes tirades boboïques sur l’éthique équitablement durable, amour philosophico écologiste du durable, panégyrique à Usain Bolt, haro sur les conditions de travail des mineurs de soufre sur l’île de Java, sont peu ou prou inexistantes sur un blog « my’hypfe».

Idem sur un blog « prise de tête ». Ce n’est pas le cas sur un blog d’opinion puisque c’est la volonté de prise de positions réfléchies sur des thématiques de société qui est sa raison d’être.

Entre les deux types blogs, « hype’inion » et « my’hypfe» les logiques divergent ; l’une est plus intellectualisante ; l’autre plus charnelle. L’une est formation d’un discours, l’autre est exposition d’une personnalité. Les styles sont différents : l’un est sujet à la maïeutique et risque au sophisme, l’autre aux « j’aime, j’aime pas, d’acc pas d’acc ».

Dans ces deux types de blogs il est question d’individualité et de façonnement d’une image conformément à la représentation que l’on veut que les autres aient de nous-mêmes.

Le blog « my’hypfe» est la mise en scène de goûts, de talents ou d’acquis personnels, le style précède ; le blog d’opinion est l’actualisation d’une pensée, un projeté, le style suit. Les deux sont plus ou moins écoutés, plus ou moins suivis. Les deux s’inscrivent dans des champs sociaux reconnus.

Dans les deux cas, bloggeurs ou bloggeuses exposent ce qu’ils choisissent d’eux. Ce n’est pas le cas du blog « prise de tête », bien au contraire.

Le blog de « l’hypegnardise »

Bref, le blog « prise de tête » n’est pas non plus le blog « de l’ignardise », où ceux qui n’ont rien à dire étalent leurs vies et celle de leurs enfants, de leur famille sans aucune retenue. On y trouve des signes particulièrement distinctifs style  « j’m pa lé ipocrytes » .

Non, le blog « prise de tête » n’est pas la traduction du néant d’une vie livré empaqueté dans une risible et insoutenable a-culture. Non le blog prise de tête n’est pas le blog où l’on affiche son statut par la puissance de sa procréativité. Ce n’est pas un blog non plus ou l’on affiche son d’appartenance par l’imitation et la revendication d’un style communautarisant.

Alors le blog « prise de tête » n’est peut-être rien, il n’a peut-être pas de thématique, c’est probablement un blog où le capitaine navigue à vue à la merci de ses propres flots, allant la plupart du temps à vau-l’eau, il est peut-être sans style, sans goût, sans fioriture, sans originalité particulière, mais ce n’est pas un blog «d’hyp’gnard», ce n’est pas non plus un blog « hypratique », ce n’est pas un blog « my hypfe’is », ce n’est pas un blog « hypassion », ce n’est pas un blog « hype’inion », c’est juste un blog « pa’hype ».

Il ne répond pas aux critères de «praticité» actuels, il n’est d’aucune application directe, aucune portée utile, son positionnement est élastique, la segmentation de ses thématiques inexistante, il n’a pas de mission, pas d’objet, pas d’objectif, il est dépourvu de vision, rien pour aiguiller le chaland qui va au plus court, au plus direct, au plus « convenant » selon les canons de notre époque, et quand à ses FCS, qui pour en trouver un ?  Inutile d’aller plus loin, il est tout simplement anti-hypeketing.

Même si le capitaine sait parler français, même s’il maîtrise certainement d’autres langues et même si on ne calcule absolument rien à ce qu’il raconte – et d’ailleurs on s’en contre fiche pas mal de ce qu’il peut bien raconter – il présente  surtout un méga-avantage : c’est qu’à sa lecture, on se dit qu’on est pas les plus malheureux.

Sauf moi. Parce que le prototype du blog « prise de tête », c’est celui-ci !

*Kevin Cloquard

Schéma récapitulatif :

Matrice de segmentation des blogs.

Matrice de segmentation des blogs.

* neuneu = neurochir’

** prhyptique : à prononcer : praïlle-p-tique

*** Hypeeness : prononcer aïpiness